Fermer compte bancaire, ça ressemble souvent à un déménagement, tant que tout est anticipé, c’est simple, si on s’y prend tard, on perd des papiers, on oublie un prélèvement, et ça coûte. Quand on bosse dans l’industrie adulte, il y a un stress en plus, le regard moral, les contrôles KYC (identité, origine des fonds), et parfois des fermetures de compte un peu brutales.
L’objectif de cet article, c’est de vous aider à fermer proprement, sans vous mettre en danger, ni sur le plan bancaire, ni sur le plan perso. On parle documents utiles, étapes concrètes, confidentialité, et recours si la banque bloque.
Avertissement : informations générales, pas un avis juridique. Si votre situation est tendue (blocage, saisie, contentieux), prenez conseil auprès d’un pro.
Avant la clôture, sécuriser vos paiements (sinon le compte “revient” vous hanter)
La règle de base : n’envoyez pas la demande de clôture tant que votre plan B n’est pas prêt. Un compte, c’est un hub, salaires, plateformes, impôts, abonnements, loyers, tout transite.
Commencez par :
- Ouvrir un autre compte (banque classique ou établissement de paiement, selon vos besoins).
- Migrer ce qui tombe tous les mois : employeur, CAF, Pôle emploi, clients, plateformes, régies pub.
- Faire un tour de vos prélèvements SEPA (box internet, assurances, salle de sport, logiciels, etc.). Beaucoup de gens en oublient un, puis se retrouvent avec un solde négatif après la clôture “théorique”.
Si vous changez de banque, pensez au service d’aide à la mobilité bancaire, qui peut automatiser une partie des démarches côté virements et prélèvements (utile quand on a beaucoup d’émetteurs). La Banque de France résume bien ce service et son cadre sur sa page dédiée : mobilité bancaire.
Encadré pratique, délais typiques à avoir en tête
Dans la vraie vie, une clôture prend rarement 5 minutes. Même si vous pouvez demander la fermeture à tout moment, il faut laisser le temps aux opérations “en transit” :
- 48 h à quelques jours : derniers paiements carte, virements entrants.
- 1 à 2 semaines : prélèvements mensuels qui se déclenchent “en fin de cycle”.
- Jusqu’à 8 semaines : litiges carte, rétrofacturations, ou régularisations tardives (selon les services utilisés).
Quels documents préparer (KYC) quand on travaille dans l’industrie adulte
Quand votre activité touche au sexe, beaucoup de banques appliquent une lecture “risque” : flux internationaux, plateformes, paiements par intermédiaires, variations de revenus, parfois cash. Ce n’est pas une excuse pour vous maltraiter, mais c’est une réalité pratique.
Préparez un dossier simple, propre, et cohérent :
- Pièce d’identité en cours de validité.
- Justificatif de domicile récent.
- Justificatifs d’activité et de revenus (selon votre cas) : attestation URSSAF, avis de situation SIRENE, facture, contrat avec une plateforme, relevés de gains, déclarations fiscales, avis d’imposition.
- Si vous avez une structure : extrait d’immatriculation, statuts, justificatif du représentant légal.
L’idée n’est pas de raconter votre vie. L’idée, c’est de montrer une origine licite des fonds et une cohérence avec ce que vous déclarez.
Comment demander la fermeture du compte, étape par étape (sans se faire balader)
En France, la marche à suivre officielle est bien résumée par Service Public : demander la fermeture d’un compte bancaire. Dans la plupart des cas, une demande écrite suffit, et vous n’avez pas à vous justifier.
Voici la version “zéro mauvaise surprise” :
1) Envoyer une demande claire, traçable
Le plus sûr : lettre recommandée avec accusé de réception (ou le canal écrit prévu par la banque si vous avez un accusé daté). Indiquez :
- Vos coordonnées, numéro de compte.
- La date souhaitée de clôture.
- L’IBAN de destination pour le solde restant (ou demandez un chèque de banque, si possible).
2) Restituer les moyens de paiement
Coupez la carte, rendez le chéquier non utilisé si on vous le demande. Faites-le proprement, parce que c’est un point de friction classique.
3) Vérifier les “produits accrochés”
Fermer un compte courant ne ferme pas toujours automatiquement :
- Livrets, PEL, comptes titres.
- Coffre, assurance associée, options payantes.
Demandez une confirmation écrite de ce qui est fermé, et de ce qui reste ouvert.
4) Gérer le solde, créditeur ou débiteur
- Si le compte est créditeur, faites virer le solde.
- Si le compte est débiteur, régularisez avant clôture. Sinon, la banque peut refuser de clôturer, ou clôturer et vous poursuivre pour recouvrer.
Encadré pratique, frais possibles
La clôture en elle-même est souvent gratuite, mais vous pouvez encore devoir :
- Des agios si découvert.
- Des frais liés à un incident de paiement antérieur.
- Des cotisations déjà dues pour un service (selon la date de prélèvement).
Demandez un arrêté de compte, avec le détail.
Confidentialité, libellés, et “preuve d’origine des fonds” (sans se mettre en faute)
On peut vouloir de la discrétion, et c’est normal. Le droit au respect de la vie privée, au sens européen, protège aussi l’idée d’autonomie personnelle, le fait de mener sa vie comme on l’entend, même si d’autres jugent vos choix.
Concrètement, ça donne trois règles simples :
Règle 1 : soyez honnête, mais factuel.
Vous n’avez pas à détailler des pratiques, des scènes, ou votre intimité. Parlez en termes d’activité (création de contenus, prestations, accompagnement, consulting, selon votre réalité et votre statut).
Règle 2 : soignez les libellés de virements, sans mentir.
Un libellé peut rester neutre (nom commercial, pseudo déclaré, “prestation”, “facture X”), tant que ça ne sert pas à maquiller une infraction. La discrétion n’est pas la falsification.
Règle 3 : gardez vos preuves.
Conservez relevés, factures, contrats, échanges utiles. En cas de litige bancaire, fiscal, ou de contrôle, ce dossier vous évite de devoir “réexpliquer” votre vie à chaud.
Les pièges courants quand on ferme un compte (et comment les éviter)
Les erreurs les plus fréquentes ne viennent pas du travail du sexe, elles viennent du quotidien.
Oublier un prélèvement : la banque clôture, puis un prélèvement arrive, ça rejette, ça crée des frais, et parfois un fichage. Faites une liste, même rapide.
Fermer trop vite quand il y a des litiges carte : si vous avez une rétrofacturation en cours (plateforme, achat contesté), attendez la fin.
Laisser traîner un compte joint : si vous êtes en compte joint, la clôture demande l’accord et la coordination. Si besoin, commencez par le sécuriser ou le dénoncer avant la suite.
Ne pas archiver : beaucoup de banques laissent un accès limité après clôture, puis ça disparaît. Téléchargez vos relevés à l’avance.
Si la banque bloque ou ferme votre compte, vos recours (et vos leviers)
Une banque peut aussi décider de rompre la relation. Le sujet est assez sensible pour que le Parlement se soit saisi des fermetures jugées abusives, début 2026 le débat reste visible via le dossier du Sénat : proposition de loi visant à lutter contre les fermetures abusives de comptes.
Dans les faits, gardez une méthode :
- Réclamation écrite au service client de la banque (gardez tout).
- Médiateur bancaire (chaque banque a le sien).
- Signalement possible à l’ACPR (l’autorité de contrôle), via la démarche expliquée par Service Public : réclamation auprès de l’ACPR.
Le filet de sécurité : le droit au compte
Si vous vous retrouvez sans compte, le droit au compte permet à la Banque de France de désigner un établissement qui devra vous ouvrir un compte avec des services de base. Les conditions et étapes sont expliquées ici : droit au compte bancaire. Le cadre est inscrit dans le Code monétaire et financier, section “droit au compte et relations avec le client” : articles L312-1 à L312-1-8.
Tableau, problème → solution/recours
| Problème | Solution rapide | Recours si ça ne bouge pas |
|---|---|---|
| La banque “oublie” de clôturer | Relance écrite, demande d’un arrêté de compte | Médiateur bancaire, puis ACPR |
| Le solde n’est pas transféré | Exiger un virement vers votre nouvel IBAN | Réclamation, puis médiateur |
| Compte bloqué sans explication | Demander les motifs possibles et la liste des pièces attendues | Médiateur, puis accompagnement juridique |
| Vous n’avez plus de compte du tout | Déposer une demande de droit au compte | Banque de France, dossier complet |
| On vous demande des justificatifs intrusifs | Répondre sur l’origine des fonds, sans détails intimes | Réclamation si demande disproportionnée |
Conclusion
Fermer un compte bancaire quand on travaille dans l’industrie adulte n’a rien d’impossible, mais il faut une approche carrée : préparer les flux, rendre les moyens de paiement, solder proprement, archiver, et garder une trace écrite de tout. Si la banque met la pression ou vous écarte, vous n’êtes pas sans options, entre médiation, ACPR, et droit au compte. La vraie victoire, c’est de garder le contrôle, sans se justifier sur son intimité.